A.N.O.

  Association Nationale d'Oenographilie

Les vins du Jura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Franche-Comté viticole court sur deux départements : le Doubs et le Jura, la Haute-Saône étant légèrement mordue par le vignoble. Celui-ci accroît sa superficie depuis les années 60, ce qui porte aujourd'hui son étendue en vignes d'appellation contrôlée à 1200 hectares.

Les vins sont blancs, surtout, mais aussi rouges, rosés et jaunes - oui jaunes ! - de paille, mousseux, sans omettre le macvin (premier ratafia local) ni le marc d'Arbois ou du Jura, sans doute l'une de nos plus fines eaux-de-vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une terre à vins de toujours

 

La langue de terre qui suit le massif jurassien, du nord au sud, au pied du Revermont, sur une roche très calcaire, passant par Arbois, Poligny, Voiteur et Lons-le-Saunier, a tout le temps été terre à vins. Avec le sel, une denrée capitale dès les temps préhistoriques, produit des sources à Salins et Lons-le-Saunier, le vin sert tôt de monnaie d'échange.

Fin du XIXe siècle, au lendemain de la crise phylloxérique, le vignoble jurassien, tardivement atteint, développe au maximum sa surface, approchant 20 000 hectares. Aujourd'hui, les vignerons se partagent les 2000 hectares de bonnes terres - dont 1200 en A.O.C., rappelons-le.

 

Relief et climat : rude et dur ! 

 

C'est un vignoble d'altitude : les parcelles s'étagent entre 250 et 450 m, avec une exposition dominante en est-ouest, parfois sud-ouest, mais aussi carrément plein sud, dans les plis que forment les combes. Etroit dans son ensemble, il s'élargit par deux fois près de Lons-le-Saunier et au niveau d'Arbois.

 

Les cépages

 

Le Jura est planté de cépages locaux - poulsard, trousseau, savagnin blanc - que complètent deux cépages bourguignons - le pinot noir et le chardonnay.

Le poulsard à jus blanc rosé, aux grains violacés, sensible aux gelées printanières, représente 80% de l'encépagement. Son vin est peu coloré, frais et bouqueté.

Le trousseau, très productif, raisin rouge à peau épaisse, donne un vin foncé, que l'âge affine.

Le savagnin blanc, vendangé tardivement, est à la base du célèbre vin jaune, un nectar bouqueté que les ans ne gâtent pas.

Le pinot noir, à petits grains ronds et jaunes, est connu à Arbois sous le nom de "melon blanc".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES VINS

 

Malgré sa relative petitesse, le terroir est très riche en vins, divers à l'oeil comme au palais. Bien à part, au-delà des vins rouges, rosés ou blancs, c'est aux célèbres vins jaunes et vins de paille que la région doit sa renommée et sa particularité.

 

Le vin jaune

 

Né certainement au hasard de fûts oubliés, le vin jaune, sans équivalent en France, couronne le particularisme du vignoble jurassien, pour fournir sa meilleure expression à Château-Chalon.

Vin d'un seul cépage, le savagnin, vendangé après la Toussaint, il peut titrer entre 13 et 14° en puissance, lorsque septembre et octobre sont beaux. L'âge va leur apporter leur robe jaune et leur goût si typique.

 

Le vin de paille

 

C'est un vin naturellement liquoreux et bouqueté, qui doit sa finesse à un assemblage savant de poulsard, de pinot, de trousseau, de chardonnay et de savagnin. Après la vendange, les raisins sont triés et mis à sécher sur un lit de paille ou sur des claies, ou suspendus à des crochets. Après deux mois de dessiccation, les raisins sont pressurés ; la fermentation se déroule lentement, à partir de moûts très sucrés.

 

Des rouges plutôt rosés

 

Que le néophyte essaie donc de faire une distinction entre eux : quasi impossible ! Les rosés sont pour la plupart des "faux", car vinifiés en rouge. Rose pâle lorsqu'il est à base de poulsard seul, le vin acquiert de la teinte et de la consistance quand ce dernier cépage est marié au pinot.

Robustes et charpentés, les rouges du Jura à base de trousseau sont pour leur part de très bonne garde.

 

Les blancs

 

De couleur jaune paille, souvent très typés, ils sont quelquefois un peu rudes dans leur jeunesse mais se conservent bien comme tous les vins de la région.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES APPELLATIONS JURASSIENNES

 

La propriété reste très morcelée. Un négociant célèbre a attaché son nom à la région, lui apportant une image de qualité, mais la coopération draine toujours un tiers de la production.

 

Côtes du Jura

 

L'appellation couvre l'intégralité du vignoble jurassien A.O.C. depuis le 31 juillet 1937, les Côtes du Jura s'étendent sur 60 communes. Signalons, sous cette appellation, l'excellente production de Luc Boilley (Chissey-sur-Loue) : son rouge de pur trousseau, issu de très vieilles vignes. Citons également le très distingué vin jaune du Château d'Arlay, vinifié et élevé par R. de Laguiche (Arlay).

 

Arbois et Arbois-Pupillin

 

Il s'agit de l'appellation jurassienne la plus septentrionale, abritée par les 13 communes du canton d'Arbois. L'Arbois est A.O.C. depuis 1936, et l'Arbois-Pupillin depuis 1970.

Pour les rouges, le penchant actuel est à la vinification de cépages purs : trousseau, poulsard, pinot noir. Les rosés, à base de poulsard et vinifiés en rouge, sont parmi les plus beaux de France.

Les blancs de chardonnay, que complète une part plus ou moins grande de savagnin, sont fins et équilibrés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Château-Chalon

 

C'est ici le domaine par excellence du vin jurassien à base de savagnin pur. Le cépage est tardif, souvent vendangé début novembre. C'est grâce à son exposition exceptionnelle sud-sud-ouest que ce vin peut voir le jour.

L'appellation Château-Chalon couvre les communes de Château-Chalon, Domblans, Ménétru-le-Vignoble, Nevy-sur-Seille et Voiteur.

 

L'Etoile

 

Cette appellation - du nom d'une pierre fossile éclatée en petits cristaux - recouvre des vins blancs, mais aussi des mousseux, des vins jaunes et de paille. Ces vins, A.O.C. depuis 1937, rappellent ceux d'Arbois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DIVERSES ÉTIQUETTES DE VINS DU JURA